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Gestion pilotée : Notre avis pour mieux gérer la baisse

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Alors que les principaux indices comme l’Eurostsoxx 50 enfoncent des supports importants en ce début d'année 2016.
 
Nous concluons à une proposition de réduction des actions dans les portefeuilles de notre gestion pilotée. Cette recommandation n'est pas tardive, elle s’appuie sur le constat d’une dégradation du sentiment de marché dans un univers macro-économique pas trop détérioré pour le moment, mais devenu peu lisible et sujet aux effets de contagion. Il faut voir cette recommandation comme une réduction de risque dans cet environnement où les rebonds à venir seront probablement limités en amplitude.

L’analyse macro économique

Celle-ci indique depuis deux semaines :

  • La poursuite de la dégradation sur les Etats-Unis : Indices PMI, investissement avec et hors mines / énergie, emploi, conditions de crédit aux entreprises : tous ces indicateurs reculent et/ou  sont en deçà des attentes. Cette faiblesse de début d’année s’était déjà produite en 2015 et 2014 mais le contexte international et le niveau du dollar étaient alors plus favorables; la croissance attendue cette année perd 0.25% environ, passant de 2.25% à 2.0%, ce qui reste une dégradation modérée mais ce niveau est maintenant perçu comme un défi
  • En Europe, la tendance à une croissance de 1.7/2% est pour le moment confirmée; emploi, indices PMI, conditions de crédit, consommation répondent globalement aux attentes, bien que toujours sans accélération ; l’Europe va mieux dans un monde qui va moins bien mais on sait qu’elle a une faible capacité à entretenir une croissance autonome. L’environnement international constitue donc un risque croissant pour la conjoncture européenne.
  • Pétrole : aucune visibilité. Les pourparlers en cours entre les pays OPEP et non OPEP pourraient stabiliser les prix autour de 30 dollars  et en même temps la prévision sur une issue positive relève de la boule de cristal

Résultats des sociétés

Ils sont globalement bons sur le 4ème trimestre mais les prévisions 2016 sont revues en baisse

  • USA : + 2 pts de hausse vs les estimations au 15 janvier (-3% vs -5%); 6 secteurs sur 10 surprennent à la hausse (consommation, santé, techno), 3 déçoivent (énergie, matières premières et banques); donc ce n’est pas de là que vient la correction. Au final les résultats de 2015 ressortent à -5% en tout et +1% hors énergie et matières premières; en revanche les guidances pour 2016 sont négatives et ce n’est pas l’environnement actuel qui va les améliorer. Les prévisions de bénéfices 2016 sont revues en baisse, à +4% attendues désormais contre +8% au 31/12/2015. Ces révisions sont encore une fois concentrées sur l’énergie et matières premières mais la tendance de fond est malgré tout négative concernant les marges la faiblesse de la productivité est une menace mais les prévisions secteur par secteur n’indique pas une dégradation significative des rentabilités au cours des dernières semaines, à l’exception encore une fois de l’énergie et matières premières
  • Europe : Il y a moins de statistiques disponibles ; pour le moment les résultats sortis font ressortir une progression de +4% sur l’ensemble de 2015, en léger retrait sur les prévisions au 15 janvier, y compris hors énergie et matières premières. Les prévisions sur 2016 continuent d’être revues en baisse
  • Emergents : Pour suite des révisions en baisse sur 2015 et 2016

Le marché obligataire donne des signaux inquiétants

Le taux des T-Bonds repasse ce matin en dessous de 1.75/1.85%, seuil techniquement important, et leur performance viennent de franchir un plus haut historique. Les Bunds 10 ans suivent le même mouvement, à 0.22% de rendement; ces baisses ne profitent pas au marché du crédit, sur lesquels les spreads poursuivent leur écartement : depuis novembre 2015 (niveaux eux-mêmes inférieurs de 1 à 2% aux plus hauts historiques de mai 2015) les indices de dette HY perdent 4.5% en Europe, 6% et aux USA, et la dette subordonnée financière européenne. 5%.

En revanche la dette émergente en devise locale progresse de 5% environ contre le dollar depuis les plus bas de la mi-janvier, portée par le rebond des devises émergentes contre dollar.  
 

Analyse de la situation

Alors que les fondamentaux américains se sont effectivement dégradés mais de façon modérée à ce stade, la correction des indices peut sembler excessive; plusieurs études de brokers convergent vers l’idée que le risque de récession est faible aux USA, se situant autour de 20%, et que les marchés « pricent » déjà ce risque ; mais n’en est-il pas toujours ainsi au début ?

Nous sommes typiquement dans la situation selon laquelle « les marchés bougent avec les fondamentaux et accélèrent avec le sentiment », constat qui fonctionne dans les deux sens ; la question clé est de déterminer dans quelle mesure ce sentiment actuellement négatif peut dégénérer en une contagion sur la confiance à travers la hausse du risque crédit (l’un des maillons faibles de la situation actuelle) et les effets de richesse négatifs, et accélérer ainsi le processus baissier.

Une conviction sur ce point relève de l’acte de foi ; le franchissement hier de 2850/2880 sur l’EuroStoxx 50 indique que l’on est entré dans la zone de danger et que ce que le processus est en cours. Quand on voit que les communications et décisions de la BCE et de la BoJ n’ont plus d’effets sur le marchés au-delà de 2-3 séances de bourse, on ne peut que se dire que le retour de la confiance sera probablement lent.

Mme Yellen saura-t-elle rassurer les investisseurs en étant optimiste sans être « faucon » et en même temps prudente sans être trop « colombe » ?

En l’état actuel de l’inefficacité des instruments économiques et monétaires disponibles, et en l’absence de nouvelles vraiment meilleures sur le marché pétrolier, il semble que l’on ne puisse compter que sur les résultats des sociétés pour rétablir une confiance pérenne, ce qui  prendra du temps. 
 

Quels arbitrages à réaliser ?

Au sein d’allocations assez défensives, nous préconisons néanmoins de réduire l’une des lignes actions, en particulier sur les portefeuilles : DNCA Value Europe, Moneta MC, Fidelity American Growth ; sur le reste des allocations pas de changements :

  • Toujours pas de fonds obligataires crédit
  • Prudence sur les fonds small / mids caps
  • Privilégier les fonds à performance absolue défensifs Exane, DNCA Miuri, BDL rempart europe, Philéas LS Europe
  • À ce titre, prudence déjà exprimée sur Moneta LS, compte tenu de son biais long de 40%

 

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