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Aviva France : Un partenariat en péril, Afer à suivre

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La nouvelle directrice générale monde du groupe britannique Aviva, Amanda Blanc a, d’ores et déjà, annoncé un réajustement de la concentration de ses activités sur le Royaume-Uni, l’Irlande et le Canada. Mais qu’en est-il de l’avenir d’Aviva France ?

La filiale française détient un partenariat majeur avec l’association d’épargnants Afer. Cette dernière commence à douter sérieusement de sa pérennité. Près de 760 000 adhérents font confiance à Afer en ce qui concerne leur contrat d’assurance vie géré par l’assureur Aviva. Une décision qui met une nouvelle fois l’assureur dans une situation délicate. 

Aviva décide de recentrer ses activités

Une annonce surprenante

La directrice monde a fait une annonce assez surprenante. Nommée en juillet 2020, Amanda Blanc a indiqué, dans un communiqué de présentation concernant les résultats du premier semestre :

"Nous allons nous concentrer sur nos activités les plus solides au Royaume-Uni, en Irlande et au Canada". "C’est là où nous allons investir et grandir. Quand nous ne pourrons pas respecter notre stratégie, nous prendrons des actions décisives et nous retirerons des capitaux."

Les propos sont clairs et ne laissent pas vraiment de place au doute. Le groupe Aviva souhaite se désengager à l’international. Les actifs apparaissant comme peu stratégiques pourraient être cessibles. Cette décision concerne l’ensemble du globe, ce qui signifie que l’Europe continentale est également concernée, au même titre que l’Asie. Un coup dur pour l’association Afer qui possède un partenariat inédit avec l’assureur et ce depuis 1976.  

La filiale de l’assureur britannique est dans le collimateur de la Macif, Eurazeo, Generali ou encore Athora. Ils se sont tous portés candidats pour la racheter. Mais les négociations pourraient  durer des années tant la situation est délicate et les rumeurs ne cessent de fuser.

La France épargnée ?

Une fois ce message diffusé, Patrick Dixneuf, le directeur général d’Aviva France et Europe, a souhaité intervenir. Il a formellement indiqué que le plan d’action d’Aviva ne présenterait  aucune modification en ce qui concerne les activités dans l’Hexagone.

Il a poursuivi en s’adressant directement aux partenaires : "Nous sommes plus que jamais résolus à répondre aux attentes de nos partenaires et de nos clients et allons poursuivre notre engagement sans faille auprès d’eux."

Pour lui, c’est une certitude, le fait de se recentrer sur certains marchés ne remet aucunement en question les actions et l’avenir des relations tissées avec les partenaires, les distributeurs mais aussi les clients. Cela ne représentera pas non plus un frein au développement de projets et encore moins aux engagements déjà entrepris. Mais l’Afer ne semble pas vraiment convaincu.

Afer réagit sans attendre

Un partenariat inédit

Le lien de confiance unissant Aviva France à l’association Afer ne date pas d’hier. Après 44 ans, la relation semble avoir du plomb dans l’aile. En 1976, le tout premier partenaire historique d’Afer était Abeille Assurances. Cette compagnie française avait alors été rachetée par Commercial Union, devenue Aviva suite à sa fusion avec Norwich Union.

C’est tout de même un sacré coup de massue. Après tant d’années, l’Afer se prépare à changer d’assureur afin de poursuivre la gestion de ses contrats d’assurance-vie qu’elle propose. Ce potentiel désengagement remet donc en question un système ancré depuis un certain temps. Néanmoins, l’association des épargnants ne se laissent pas abattre et tient à  rassurer ses adhérents.

Une indépendance proclamée

Suite à cette déclaration, l’Afer a tenu à informer ses 760 000 adhérents, qui représentent tout de même une épargne de 60 milliards d’euros d’encours, de son statut d’indépendant. Une déclaration a été publiée indiquant que :

"Dans ce contexte, l’Afer entend réaffirmer qu’elle est et restera une association libre et indépendante". Elle "veillera à ce que le futur partenariat repose sur une véritable confiance, un dialogue constructif et un développement harmonieux, respectueux des intérêts de ses adhérents."



Retour sur un scandale marquant

Ce n’est pas la première fois qu’Aviva se retrouve sous les feux des projecteurs. Pourtant, cela n’est pas forcément de bonne augure. La compagnie d’assurance a beau être qualifiée de premier assureur d’Europe, ses très nombreuses années d’expérience et sa présence dans plus de 16 pays ne sont pas toujours synonymes de réussite.

Des arbitrages courts et sans risque

En mars 1987, Abeille-Vie lance un contrat d’assurance-vie qui se veut révolutionnaire pour ses meilleurs clients. Plusieurs supports sont proposés et certains sont investis à 100% en actions. La petite particularité, mais qui a une énorme importance, est qu’il est possible de passer d’un support à un autre sans prendre aucun risque.

Les arbitrages sont pris au dernier cours connu. Les cours de chaque fonds sont connus chaque vendredi et les assurés ont la possibilité de les acheter et/ou de les vendre jusqu’au vendredi d’après, sans prêter attention aux oscillations du marché. Ils sont donc gagnants à tous les coups.

Pour se défendre, Aviva atteste qu’il faut remonter le temps. Les ordres étaient donnés par fax ou via Minitel et les cotations des SICAV étaient hebdomadaires, ce contrat offrait alors une protection face à la volatilité des marchés. Contrairement à aujourd’hui, où tout est géré électroniquement et la cotation se fait chaque jour. Les souscripteurs ont eu la joie de découvrir qu’ils pouvaient multiplier les allers-retours sans jamais perdre d’argent.

De multiples procédures judiciaires

Cette belle découverte s’apparente à un film d’épouvante pour Aviva puisque l’assureur doit financer la différence en puisant dans son actif général. Pour contourner cette situation délicate, la compagnie a réduit le nombre de supports, en supprimant les plus volatils. Les clients se sont vus “proposer” des avenants retirant la possibilité d’arbitrer à cours connu. Pour les plus réticents, qui ne voudraient pas le signer, l’arbitrage leur est tout bonnement interdit.

Mais quand la justice s’en mêle, la situation peut vite tourner au vinaigre. Entre autres, Aviva a été condamnée par la Cour d’appel de Paris à restituer le libre accès aux supports, même les plus risqués, et à créditer les contrats des sommes gagnées.

Le contrat Afer concerné

Malgré ces manquements, l’Afer a toujours réussi à rassurer ses adhérents vis-à-vis d’Aviva. Cette affaire rendue publique, l’association avait affirmé qu’Aviva disposait d’une marge de solvabilité suffisante. Mais le doute plane car certains dires présentent quelques souscripteurs à ce contrat comme milliardaires.

Aujourd’hui, le sentiment de confiance est une nouvelle fois mis à l’épreuve. L’association reste dans l’attente et cherche activement un moyen de se retourner en cas de désengagement de la part de l’assureur.

 

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